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 Sang fabriqué : « Avec trois lignées différentes on peut couvrir 99% des besoins »

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jules

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MessageSujet: Sang fabriqué : « Avec trois lignées différentes on peut couvrir 99% des besoins »    Lun 5 Sep - 22:00

Interview du professeur Luc Douay, hématologue à l’hôpital Armand-Trousseau de Paris, dont les travaux ont aboutit à la transfusion d’un patient avec des globules rouges fabriqués à partir de ses propres cellules souches.


Le Professeur Luc Douay. MEIGNEUX/SIPA

Depuis plusieurs années, le Professeur Luc Douay et son équipe travaillent sur la production de globules rouges cultivés (GRc) à partir de cellules souches du sang (hématopoïétiques). Les premières cellules ont été produites il y a cinq ans et depuis les chercheurs affinent leur technique afin d’augmenter la quantité de cellules fabriquées. Cette année, ils franchissent une nouvelle étape décisive en prouvant que leurs GRc peuvent être transfusés à un patient en toute sécurité et efficacité. Retour sur cette expérience clé avec le Pr Luc Douay.

Sciences et Avenir : Quel est le principal résultat de vos travaux ?

Pr Luc Douay : Nous travaillons depuis plusieurs années sur la production en laboratoire de globules rouges cultivés (GRc) à partir de cellules souches adultes. Nous avions déjà montré en laboratoire et sur un modèle animal que ces globules pouvaient remplir leur rôle : le transport d’oxygène. Nous prouvons maintenant qu’ils sont efficaces chez l’Homme, c'est-à-dire qu’ils sont tolérés par l’organisme et ont une durée de vie similaire aux globules rouges naturels. Pour connaître leur efficacité transfusionnelle réelle, il faudra un peu plus de temps et transfuser à des patients des quantités plus importantes de GRc.

A partir de quels materériaux peut-on fabriquer ces globules rouges ? En combien de temps ?

Principalement à partir de deux sources. Nous avons utilisé pour cet essai des cellules souches hématopoïétiques, qui sont à l’origine de la formation de tous les éléments sanguins, d’un patient adulte. A partir de ces cellules souches nous avons fabriqué des GRc qui ont ensuite été transfusés à ce même patient. Il s’agit donc d’une transfusion autologue ce qui était plus simple pour notre modèle immunologique. L’autre possibilité est l’emploi du sang de cordon qui contient aussi des cellules souches hématopoïétiques dont le potentiel de prolifération est dix fois plus important. Elles représentent l’avenir de cette technique, nous travaillons déjà dessus et espérons des résultats d’ici deux ans.

Il y a aussi la possibilité d’utiliser
des cellules souches pluripotentes induites (CSi) qui sont des cellules somatiques reprogrammées pour redevenir pluripotentes (capables de se différencier en tous les types cellulaires). Elles ont un potentiel de prolifération pratiquement infini.


Quel est la prochaine étape ?

Nous avons cerné le facteur qualitatif, il reste maintenant à régler les problèmes quantitatifs. Il reste encore plusieurs obstacles à la production industrielle des globules rouges. Il faudra encore trois ou quatre ans pour en venir à bout mais on sait que l’on peut les produire en très grande quantité. A partir d’un cordon ombilical, on espère pouvoir fabriquer 50 à 100 culots globulaires, les poches de sang utilisées pour les transfusions.

En parallèle notre but est d’établir des banques de cellules souches afin de pouvoir produire des globules rouges adaptés au plus de patients possible. Mais
avec trois lignées différentes on peut déjà fournir 99% de la population.


Quels sont les patients qui bénéficieront de ces techniques ?

Cette technique sera utile aux patients qui ont des groupes sanguins rares et pour lesquels il est difficile d’avoir un sang compatible. Elle s’adresse aussi aux patients qui reçoivent des transfusions régulières comme les personnes atteintes de drépanocytose, de maladies de la moelle osseuse ou celles souffrant de maladies congénitales. Cela correspond à 3 ou 4% des personnes transfusées. A force de recevoir du sang différent, elles développent des phénomènes de poly-immunisation qui peuvent les empêcher de recevoir certains types de sang.

Propos recueillis par Joël Ignasse
Sciences et Avenir.fr
05/09/2011
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